Parvis des droits de l’homme, samedi dernier à midi, plus de 900 personnes s’étaient rassemblées pour unir leurs voix à la plainte suppliante mais courageuse de l’iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, menacée de mort par lapidation publique.
En Iran, jeter des pierres au visage d’une femme enterrée jusqu’aux épaules est considéré comme un acte de foi. C’est le diable que vous êtes supposé canarder. Attention toutefois à ce que la taille de la pierre dépasse le simple gravillon – que la victime souffre un minimum - mais qu’elle n’excède pas la taille de la paume d’une main – la victime risquerait de mourir du premier coup. C’est écrit comme tel dans les textes.
Le grand rassemblement de samedi dernier a pris sa source dans cet état de fait : nul n’a le droit de fermer les yeux devant pareil fanatisme, où le corps de la femme est encore un présupposé aux pires perversités du machisme. Cette manifestation, mise en œuvre par Ni Putes Ni Soumises et la Ligue Internationale du Droit des Femmes, a réuni à la fois des iraniennes, des activistes, des réfugiés politiques, des associations de défense des droits de l’homme et de droits des femmes, des associations étudiantes. Et tous, en français, en anglais ou encore en persan, ont crié leur soutien à Sakineh. Dans l’émotion et la dignité.
Parce qu’il est évident que le sursaut de l’opinion international rend la condamnation plus difficile à être exercée, et parce que nos politiques et l’Union Européenne ont en main les clefs de pressions objectivement imposables, nous devons continuer avec constance ce long filet de rassemblements européens.
Si nous sommes capables de menacer l’Iran sur ses prétentions atomiques, pourquoi ne sommes nous pas capables de le menacer sur ses injures aux droits des femmes ? Que les adeptes intégristes du relativisme culturel intègrent ceci : les iraniennes et leurs sœurs ne se laissent plus (dé)faire.
Solène Chalvon
Tags: droits des femmes, iran, sakineh



10 mois que l’on espérait pouvoir écrire cela. Depuis juillet dernier, la jeune étudiante française était retenue en Iran, contrainte de rester dans l’Ambassade de France. Clothilde Reiss n’avait eu qu’un tort : assister aux manifestations monstres contre le régime en place. Aujourd’hui, ce n’est pas sans courage qu’elle ait voulu adresser ses premiers mots aux prisonniers iraniens.

