Francais | English

Articles taggés avec ‘feminisme’

Marianne est en cloque. C’est la campagne de communication pour le Grand Emprunt. On investit dans l’avenir, on pense au futur, on met des petits sous dans des utérus qui vont payer nos retraites, c’est l’emploi, la recherche, la compétitivité, bref tout ce qui peut faire en sorte que la France conserve sa compétitivité et donc son modèle social le plus longtemps possible.

Elisabeth Badinter se réveille dans une société ou la situation de femme s’est insupportablement dégradée dans la quasi indifférence générale. Avec cette magnifique invention qui consiste à nous faire croire que la Nature voudrait bien qu’on reste à la maison pour être une bonne mère, la même nature qui applique la sélection naturelle ; parce que les hommes n’ont pas prévu de s’occuper des enfants  (c’est officiel !) et que le marché du travail nous serait statistiquement reconnaissant de remettre nos fesses dans la cuisine bio et nos seins dans la bouche d’un nourrisson, donc à la maison, comme en plus il n’y a pas de crèches, ça obligerait tout le monde, à commencer par nos consciences.

Le débat est chaud ; mais pas tant que ça. Ca pourrait être pire, la violence psychologique faite aux consciences est une chose grave mais insidieuse. La violence dont sont victimes les femmes dans « les quartiers »  et leur infra citoyenneté dénoncée par ni Putes ni Soumises, mais peu d’autres, il faut bien l’avouer, c’est quand même plus trash.

Nombre de féministes sont paumées, il faut bien l’avouer, par cette régression à tous les niveaux, illustrée par la campagne gouvernementale. Marianne est une allégorie Républicaine de la France Une, laïque et indivisible, dans laquelle chacun et chacune devrait bénéficier d’un accès égal au marché du travail, femme, minorité ou homme blanc. La mettre enceinte c’est incarner une France inégalitaire dans laquelle la femme, main d’œuvre bon marché, est priée de se retirer gentiment du marché du travail, où rien n’est prévu pour elle et ou bosser une grande partie de sa vie pour une retraite moyenne de 800 euros n’est pas tentant, autant faire des gosses et laisser ces messieurs développer les outils de la compétitivité française de demain.

Elisabeth Badinter a raison de se réveiller, mille fois raison. Elle met le doigt là où ça fait mal, là ou le féminisme a échoué : dans la conscience de groupe de femmes. Voilà 20 ans que des pédopsychiatres culpabilisateurs nous lavent le cerveau. De sorte que nous avons finit par intégrer que pour être une bonne mère, pour s’épanouir en tant que femme, on serait plus heureuse à la maison, quitte à perdre notre indépendance financière, et donc notre liberté individuelle.

Les femmes restent la seule « minorité », et par là j’entends groupe discriminé, ne serait ce que financièrement à compétence égale sur le marché du travail (30 % d’écart de salaire), à se mettre des œillères sur ce qui ne va pas. A avoir intégré et à revendiquer le discours du dominant, à évangéliser les autres discriminées sur les bienfaits de l’allaitement au lieu de se retourner contre l’oppresseur.

Car il y a bien un oppresseur, c’est celui à qui nous payons des impôts redistribués sans considération de nos besoins. Où sont les crèches ? Où sont les congés paternités prolongés  (11 jours à date) ? Où est la protection contre la placardisation suite à un congé maternité dans les PME ? Où sont les déductions lourdes d’impôt pour la garde des enfants ? Où sont les DRH dans les petites entreprises ? Quelques grandes entreprises sont à la pointe. Elles font les beaux jours du 20 h 00. Et laissent croire que tout est possible. La réalité du marché du travail est toute différente. Or l’exemple de nombreux pays européens nous montre que la valorisation de la place du père et la systématisation de crèches et de système de garde accessible à tous les revenus est POSSIBLE. C’est cet oppresseur, pour qui nous votons, et qui est donc une émanation de notre propre renoncement à notre liberté, qui voudrait aujourd’hui une rallonge, et lance un emprunt.

Se tourner vers la gauche est il une alternative ? Je ne crois pas. La gouvernance socialiste a montré son déni de la question et a détaché en tête de pont Ségolène Royal, figure naturaliste qui a beaucoup nuit à l’image de la femme. A force de vouloir être la maman des français, elle a oublié la compétence technique ; en se battant sur le terrain de la féminité et de la maternité, elle tiré deux balles dans les genoux de toutes celles qui revendiquent au nom de leur compétence et de leur intellect. Quand à l’extrême gauche, ses choix électoralistes l’ont décrédibilisée à jamais sur le terrain de la lutte pour l’égalité des sexes.

La seule alternative consiste à mon sens en une prise de conscience des femmes du caractère intolérable de l’oppression qu’elles n’ont jamais cessé de subir. La formation d’une conscience de classe passe avant tout par une solidarité entre les femmes, par le refus d’un groupe tout entier, indéfectible et indissoluble de l’offense, petite ou grande, faite à l’une, et qui avilit toutes les femmes, dans les quartiers, dans l’entreprise, dans les maternités, dans le clientélisme politique qui conditionne l’obtention d’une place en crèche, dans la critique physique d’une femme publique. C’est seulement alors que nous pourront mener des revendications politiques qui ne sont que le juste retour de notre participation à un système supposé égalitaire. La guerre commence à l’intérieur de nous-même.

Chroniques cinéma de Ripley et Maverick

Source: http://www.leblogbuster.fr/2010/02/18/marianne-elisabeth-et-uterus/

Partager cet article

Tags: , ,

 

Ni Putes Ni Soumises vous invite à une rencontre militante: L’urgence d’un nouveau combat féministe sur la laïcité, l’égalité, et la mixité!

A l’heure où les filles et les garçons des quartiers populaires luttent contre l’obscurantisme rampant et défendent l’égalité et la mixité, le voile, symbole de l’oppression des femmes, devient un argument de campagne.

Est-il concevable d’arborer une tenue qui affiche la ségrégation des sexes ?

Comment un symbole d’inégalité peut-il défendre le progrès social !

La soumission des femmes peut-elle être admise par la République ?

La laïcité « ouverte » peut-elle être un projet de société sans courir le risque d’empiéter sur les valeurs de liberté et d’égalité qui nous animent ?

Ni Putes Ni Soumises propose de débattre sur cette nouvelle attaque frontale contre la laïcité, l’égalité des sexes et la République !

Lubna Al Hussein, condamnée à 40 coups de fouet pour avoir osé porter un pantalon au Soudan, sera présente lors de cette rencontre : « Je me bats au Soudan contre ces lois d’apartheid sexiste ! La France devient-elle aveugle ? Permettre au voile de s’immiscer en politique c’est cautionner la condamnation de milliers femmes »

Le Mercredi 24 février de 17h00 à 19h00

Theatre Toursky

16, Promenade Léo Ferré

13003 Marseille

Partager cet article

Tags: , , , , ,

 

A la veille du Procès de Chahrazad un curieux article de Caroline Fourest, du 6 février dans le Monde, attaque le mouvement Ni Putes Ni Soumises d’une manière assez étonnante : en critiquant les choix politiques de la précédente présidente, elle en profite pour remettre en cause toutes les actions de Ni Putes Ni Soumises ainsi que « l’utilité de notre existence ». Lire la suite

Partager cet article

Tags: , ,

 

  OK