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Viols aux Ulis | JM Ballo : “Je suis profondément révolté”

C’est aux Ulis, dans l’Essonne, que travaille monsieur Ballo, en tant que chef de service éducatif. C’est dans cette même cité que Fatou et sa famille, il y a quelques jours, ont été victimes de représailles violentes –cocktail Molotov au seuil de leur porte, menaces, intimidations – parce qu’ils ont osé porté plainte pour viol collectif, parce qu’ils ont osé brisé cette loi du silence immonde, pernicieusement ancrée dans les mentalités.

 

Monsieur Ballo, habitué à faire le lien entre des familles fragilisées et les institutions, à combattre les violences faites aux femmes depuis les années 1990 – il obtient jusqu’à 1999 douze décohabitaions pour douze femmes victimes de maris polygames-  nous livre ses analyses sur l’affaire.

 

NPNS : Monsieur Ballo, quel rôle endossez- vous dans cette affaire de viol collectif, et quels liens entretenez-vous avec toutes les parties concernées ( familles, institutions, bourreaux) ?

 

JM Ballo : Je me suis attelé en premier lieu à rassurer la famille, et à leur faire comprendre que nous ne les laisserions pas « galérer » seuls, négligés par les leurs interlocuteurs précédents. Avant de venir vers moi, ils avaient passé plusieurs journées cauchemardesques à chercher de l’aide, sans trop savoir où aller, à se faire renvoyer par des structures soit disant « inadaptées » à les aider. A partir de ce moment, je ne les ai pas lâchés. J’ai contacté immédiatement Madame Pouteau, représentante du préfet de l’Essonne dans les Ulis. Ensemble, nous avons entamer la démarche : contacté le collège pour signaler l’absence à venir des enfants de la famille, cherché au plus vite les institutions capables de trouver un logement immédiat – c’est toujours en cours aujourd’hui, nous attendons- , mis à disposition des parents et de la victime un soutien psychologique, j’ai pris personnellement la responsabilité de leur courrier et je les appelle constamment pour m’assurer qu’ils tiennent le coup. Je suis également allé voir les garçons accusés du viol. Je les connais, ici, tout le monde se connaît. Effectivement, ce sont des jeunes désociabilisés, déscolarisés, mais cela n’excuse en RIEN leurs comportements. Ce sont des criminels et ils seront soumis à la loi, et la loi ne négocie pas avec les criminels. Je leur ai dit qu’ils paieraient et que leur conduite d’intimidation était très grave. Je suis profondément révolté.

 

NPNS : Et pourtant cette affaire n’est pas marginale, les viols collectifs dans les caves de la cité, combien de femmes l’ont vécu, en silence ?

 

JM Ballo : vous avez raison. Nous avons déjà eu quelques affaires du type aux Ulis. Mais je ne veux pas diaboliser cette cité, où les habitants sont globalement très solidaires des victimes, où nous avons fait énormément pour l’intégration des jeunes, à leur insertion professionnelle, dont nous avons eu souvent des résultats formidables.

 

NPNS : Raison de plus pour éradiquer cette violence qui parasite le climat social… Et pour se mobiliser. Nous participions à une grande marche de soutien à la famille contre ces pratiques inacceptables et sauvages samedi dernier. Que pensez – vous de cette action ?

 

JM Ballo : Comme vous, je suis scandalisé, et je soutiens votre marche. Cela dit, je m’attelle comme vous aux réformes de fond, et moins à la forme Mais je reconnais que la visibilité est essentielle pour bousculer les institutions, parce que je le dis et le répète, il y eu de graves dysfonctionnements dans cette affaire.

 

NPNS : En tant qu’acteur de terrain, quelle clefs permettraient selon vous d’éradiquer cette violence ?

 

JM Ballo : Vous savez, j’ai été professeur d’EPS, éducateur spécialisé, conseiller municipal dans la dernière mandature pour le Front de Gauche, président actuel et fondateur de l’association «  Nouveau Pas », tout cela aux Ulis. Je connais ma ville, et je crois dans sa capacité de progresser, encore. Mais comme on dit chez moi, au Mali, « un seul pied ne peut faire un seul chemin ». Il faut revaloriser les jeunes, je dis même il faut miser sur le RENARCISSISME des jeunes. Je crois à la prévention spécialisée, aux ateliers sportifs, aux activités de loisir organisées en fonction des goûts et de la personnalité d’un jeune. J’ai souvent d’excellents rapports avec les enseignants, bien plus soucieux de l’équilibre psychique de leurs élèves qu’on ne voudrait le croire. Je crois à la médiation culturelle, aux échanges. Je mise sur l’intégration des familles, sur l’alphabétisation primordiale. Pour permettre aux parents de suivre leurs enfants. On me dit « parents démissionnaires », je réponds « non, parents démunis ».

Toutes ces phases sont nécessaires, et je les ai placées au cœur de mon association.

 

Entretien réalisé par Solène Chalvon

 

 

 

 

 

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2 commentaires pour “Viols aux Ulis | JM Ballo : “Je suis profondément révolté””

  1. REMY Gilles dit :
    Je signe votre pétition pour l'interdiction du voile et de la burqa. Comment peut on aider y compris matériellement cette famille des Ulis. Comment soutenir M Ballo ?
  2. arberesh ludmilla dit :
    je suis nee aux ulis cette ville a toujours sentie la violence...mais se qui arrive aujourd hui est inqualifiable,une voir plusieur jeune fille violee,la famille menacee,obliger de fuir,mais ou vie t on,en france...la terre des droit de l homme...et de la vandetta.Ses jeunes merite d etre juger aux assises,et cette famille doit continuer de vivre paisiblement.

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