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Somaly Mam

Victime de la barbarie des bordels et de l’esclavage sexuel, Somaly Mam est la fondatrice de l’Afesip (Agir pour les femmes en situation précaire). Femme de courage et de volonté, elle a publié en 2005 « Le silence de l’innocence » un livre poignant de vérité qui dénonce l’enfer dans lequel sont plongées les filles dès leur plus jeune âge.

Originaire d’une petite province du Cambodge, enfant battue, violée et torturée, Somaly Mam sera victime comme des milliers de petites filles d’un réseau d’esclavage sexuel.
Vendue comme esclave domestique, mariée de force vers 14 ou 15 ans puis revendue à un bordel, elle est le symbole de la vie dramatique de nombreux enfants du pays.
Elle a créé en 1997 l’Afesip, une ONG Internationale dont le but est de lutter contre les causes et conséquences de l’exploitation sexuelle en portant secours aux victimes et en favorisant leur réinsertion socio-économique. À ce jour, l’organisation a pu venir en aide à des milliers de fillettes et de jeunes femmes prostituées.

Le Cambodge est un pays très pauvre où pour survivre les parents vendent leurs enfants dès l’âge de cinq, six ans pour une centaine d’euros. Quand elles arrivent dans les bordels, les fillettes sont souvent battues et violées puis enfermés dans les chambres jusqu’à ce qu’elles se soumettent.
Les tortures qu’elles endurent sont de véritables actes barbaries (électrocution, viol, partie du corps ébouillantée). Ce processus de « dressage » a comme objectif de rendre les filles « fonctionnelles » en les anéantissant psychologiquement, elles deviennent des objets où leur corps ne leur appartient plus. Elles sont ensuite dans l’obligation d’effectuer cinq, six “passes” par jour voir plus. Chaque passe est payée en moyenne 500 riels (10 centimes d’euro), cet argent est confisqué par la mama-san dite mère-maquerelle.
En 1998, le proxénète ou propriétaire gagnait en moyenne la somme de 3300 dollars par personnes prostituées et par mois.

Pour lutter contre ce trafic, Somaly Mam avec son mari Pierre Legros a créé en 1997 l’Afesip d’abord au Cambodge puis maintenant en Thaïlande, au Laos et au Viêt-nam. Ce réseau vise à combattre le trafic d’être humain par le témoignage et la condamnation mais aussi de faire évoluer les mentalités et améliorer les dispositions législatives nationales.

Son livre sortit en 2005, retrace son enfance volée et la destinée d’enfant comme Thomdi vendue à l’âge de 9 ans, morte du sida à 15 ans, ou Sakhom, vendue à 8 ans, morte du sida et de la tuberculose à 10. Elle raconte comment elle s’en est sortie, grâce a son courage et a quelques honnêtes comme Pierre ce « blanc pauvre ».

Aujourd’hui âgée de trente-six ans, elle persévère chaque jour malgré les menaces et les contrats qui s’accumulent sur sa tête. Au péril de sa vie, elle a permis de sauver quelque 20 000 fillettes et adolescentes cambodgiennes contraintes à la prostitution. Malgré les attaques des proxénètes (en 2004, une vingtaine de personnes armées ont fait irruption dans un des centres et ont enlevé 91 jeunes femmes), elle continue son combat pour que « la rue de l’innocence perdue » ne soit plus une fatalité.

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