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Violences au Tibet : les femmes premières victimes

Le regard du monde est tourné particulièrement sur la situation au Tibet, avec une semaine de manifestation et de confrontations violentes dans la région tibétaine et des appels à un boycotte des Jeux olympiques qui auront lieu à Pékin cet été. Plusieurs organisations non gouvernementales ainsi que des responsables politiques au niveau national ou européen voient dans l’approche des Jeux olympiques un moment pour sanctionner la Chine des violations des droits de l’homme, dans le contexte des répressions actuelles et historiques au Tibet.

Les violences de mars au Tibet et dans les provinces voisins font rappeler au monde l’histoire conflictuelle et non résolue entre le Tibet et la Chine et plus généralement la persistance des répressions en Chine, situations dont les femmes sont des victimes particulièrement touchées. Il y a dix jours, les moines et des réfugiés tibétains en Chine et en Inde ont manifesté à la commémoration de l’insurrection inachevée contre la Chine en 1959, et pour insister sur l’obligation de la Chine d’améliorer la situation des droits de l’homme avant qu’elle ne reçoive les Jeux olympiques. Depuis le 14 mars, les manifestations se sont étendues dans la région et les provinces voisins et ont dégénérées en émeutes violentes, particulièrement à Lhassa, capitale historique de Tibet. La Chine, dans une logique de silence sur le sujet face aux médias, reconnait une dizaine des morts, pendant que le gouvernement exilé du Tibet en affirme une centaine. La Région autonome du Tibet est un région administrative de la Chine depuis 1951, avec des autres régions du Tibet historique intégrées dans les provinces chinoises voisines. Le gouvernement du Tibet, présidé par le Dalai Lama, est en exil en Inde depuis le soulèvement réprimé par le gouvernement chinois en 1959. Le Dalai Lama ne réclame plus l’indépendance du Tibet, mais défendre une vraie autonomie et la fin des répressions.

Malgré que le gouvernement tibétain en exil ne soit pas reconnu, plusieurs organisations et responsables mondiaux ont depuis longtemps dénoncé des violations des droits humains et les répressions exercées dans la région, qui malgré son nom n’a guère eu l’autonomie.

Aujourd’hui, Human Rights Watch demande que les nombreux manifestants détenus dans les derniers jours soient surveillés par les observateurs internationaux, étant donné les précédents d’abus et de torture des personnes détenues en Tibet. Amnesty International a mis l’accent sur les grandes violations dans le Chine en général à propos de détentions arbitraires, la peine de la mort, répression des médias, et harcèlement des défenseurs des droits de l’homme.

Comme souvent dans les situations de conflit et d’instabilité, les femmes sont particulièrement ciblées par des violences. Dans le cas du Tibet, les femmes comme les hommes sont les victimes des pratiques dénoncés par les associations. A l’ONU, le Conseil pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) note particulièrement le taux élevé des violences contre les femmes dans les centres de détention en Tibet. Les nonnes, comme les moines tibétains, ont aussi été particulièrement ciblées dans la répression de l’autonomie religieuse et culturelle du Tibet. Les femmes subissent en plus les violences sexuelles et la violation de leurs droits reproductifs. La régulation forcée des naissances est répandue au Tibet, avec de nombreux avortements et stérilisations forcés.

Plusieurs organisations, comme l’ONU et Amnesty International, ont répété dans rapports dans les années passées leur inquiétude à propos de la situation des femmes en Chine, qui affrontent encore des grandes discriminations dans les domaines de la santé, l’éducation, et l’emploi, en plus des violences liées au trafic des êtres humaines et des pratiques d’avortements forcés et d’infanticide.
Au Tibet, les femmes subissent plusieurs formes de discriminations dans le mesure qu’elles font souvent partie de trois groupes en Chine qui, d’après le CEDAW, trouvent leur accès au droits fondamentaux restreintes—les femmes, les paysans rurales, et les minorités ethniques.

Maintenant que le monde fait attention aux violences en Tibet et à la Chine avec l’approche des Jeux Olympiques, c’est aussi le moment de ne pas oublier ces victimes quotidiennes de la privation et la manipulation des libertés fondamentales des femmes et de tous.

Adeline.DA

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