On ne naît pas loup, on le devient
Lundi à l’aube, une opération policière à Villiers le Bel, nous a fait revivre les douloureux évènements de novembre dernier : 33 arrestations. Aucune fille interpellée. Pourrait-on alors en déduire que les filles n’intègrent jamais ce processus de violence ?
Cependant, les récents évènements à Chelles – une rixe de 40 filles près d’une gare-, révèlent au grand public l’existence de « gangs de filles ». Hier, elles n’étaient composées que de deux ou trois personnes, souvent liées par le lien du sang.
Aujourd’hui, elles peuvent en compter une vingtaine.
Les filles utilisent donc ce moyen, à l’instar des « grands frères », pour revendiquer leur existence, pour forcer leur respect. Elles n’hésitent pas à se saisir de couteaux, de battes ou autres armes pour régler un différent amoureux. Se lançant entre bandes des joutes imparables, dignes des plus grandes scènes de leurs homologues masculins.
La violence n’a donc pas de sexe. Faute de trouver un espace d’émancipation, faute de trouver dans l’Ecole des outils pour leur construction sur lesquels s’accrocher, elles se réfugient dans un carcan fait de coups et de sangs, de larmes et de terreur.
Nous n’aurions, nous filles des quartiers, d’autre choix que la violence ou le port du voile ?
Je reste convaincu qu’on ne naît pas loup, mais qu’on le devient.
La vie de tous les jours ne peut être paramétrée par son sexe, son origine sociale, son quartier… Le remède à cette vision que certains voudraient nous imposer est tout trouvé : Défendre la laïcité et donc la mixité, comme socle du vivre ensemble.
Je connais trop les ravages du repli.
Sur le front de la laïcité, depuis 5 ans Ni Putes Ni Soumises a défendu la laïcité comme moteur de l’émancipation des femmes et le levier pour l’Egalité pour tous. L’émancipation est un combat laïque.
Réaffirmons que face à la violence la Laïcité ne peut souffrir d’aucun compromis ou d’aménagement … déraisonnable.
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