Les femmes séropositives, condamnées à l’oubli ?
Le Sidaction est lancé. Tous les médias, unis comme rarement, arboreront tous durant quelques heures ce désormais célèbre logo du ruban rouge, accompagné d’un numéro de téléphone, le 110. Un moyen de plus pour dénoncer ce terrible fléau qu’est le Sida, qui touche particulièrement les femmes.
Ce n’est plus un mystère : le nombre de femmes séropositives augmente chaque année. Ainsi, selon une étude de l’Institut de veille sanitaire (INVS), 62 % des 15/29 ans ayant découvert leur séropositivité au premier semestre 2001 étaient des femmes.
Pourtant, ce sont bien elles qui sont oubliées des campagnes de prévention, des actes de recherche scientifiques. Le Sida ne touche que les homosexuels disait-on il y a 20 ans. Si l’on continue comme cela, ne touchera que les femmes dira t-on dans 20 ans.
Jusqu’en 1998, les femmes étaient obligées de suivre le bon vouloir de leur compagnon, qui acceptait ou non de se protéger. L’année où Zidane brandit la Coupe du Monde ne symbolisait donc pas seulement une révolution pour ces messieurs avides de ballon rond, mais aussi pour les femmes qui voyaient s’ouvrir un horizon nouveau : se faire plaisir tout en se protégeant. Malgré cela, il aura fallu attendre encore trois années pour que les pouvoirs publics ne lancent véritablement une campagne valorisant le préservatif féminin.
Aujourd’hui, le préservatif féminin s’est certes multiplié dans les rayons des grandes surfaces et dans les pharmacies, mais n’en reste pas moins beaucoup plus cher que le préservatif masculin, de six à dix fois plus onéreux.
Les femmes, en plus d’être plus exposées au risque du VIH pour les raisons citées précédemment, sont les grandes absentes des protocoles de recherche. Quasi inexistantes.
L’association AIDES dénonce en effet que seulement 18% des essais cliniques sur le SIDA ne concernent les femmes. Les traitements sont les mêmes, et l’on sait désormais que leur efficacité est similaire pour les hommes et les femmes. Cependant, on note d’ores et déjà que les effets secondaires diffèrent beaucoup, avec notamment des hausses de cas de diabètes et de maladies cardio-vasculaires.
Les femmes, laissées pour compte dans la prévention, oubliées de la recherche seraient donc t-elles contraintes à voir partir la lente locomotive des progrès contre le VIH ? Espérons que ce Sidaction, dont le cheval de bataille est « l’Egalité des Chances », contribue à réparer cette grave discrimination.
Tags: aides, discrimination, femme, femmes seropositives, preservatif, prevention, sida, vih


